

Bon, avant de reprendre enfin l'avion trois ans après, lui qui était devenu notre moyen de locomotion favori,
il a bien fallu organiser un minimum notre départ... Et je ne vous dis pas, entre les chats, Kwalé, le cochon d'inde, mes petits poissons dans leur aquarium, les plantes vertes et bien sûr nos
garnements qu'on laissait à terre et à mer avec des grands-parents tout heureux de cette aubaine, une foule de détails m'a harcelé pendant la semaine précédent notre voyage... Il est loin le
temps où on préparait nos sacs à dos la veille !!! Mais je l'ai fait avec une énergie toute euphorisante, trop heureux de partir, de découvrir, de humer l'air de la différence, de m'aérer les
méninges, trop longtemps que cette saveur m'avait quitté. Alors, j'ai rangé la maison, du grenier au garage, trouvé une personne pour nourrir mes petites bêtes, pensé à tous ces petits détails
qui améliorent le quotidien d'un long séjour. Pour payer bien moins cher nos billets d'avions, nous sommes partis deux jours avant le début des vacances scolaires. Nous voici donc à la gare de
Combourg ce jeudi 2 avril, un dernier bisou à nos petits bijoux, un gros sac à dos chacun plus un petit sac à ventre et une valise à roulettes... Premier trajet jusqu'à Rennes sans encombre. Nous
prenons le TGV pour Paris... Bon, pas de problème, on est heureux de partir, on se rêve déjà au soleil dans le désert... Assoupis, content d'avoir pu tout gérer, d'avoir pensé à tout à priori,
nous nous laissâmes gagner par une douce euphorie reposante, les yeux mi-clos, le sourire ancré à la commissure de nos lèvres... État d'apesanteur... Puis soudain, une annonce :" Mesdames et
Messieurs, suite à une alerte à la bombe, nous vous demandons de vous préparer à descendre à la gare du Mans pour que le train puisse être inspecté !!!" On sort rapidement de notre léthargie,
tout le monde se regarde en silence, lueurs d'inquiétude dans les yeux, visages hébétés... Rapidement, oubliant le possible danger, les considérations individuelles reprennent le dessus, chacun y
va de son petit commentaire et se prépare à descendre. La gare du Mans étant bouchonné par d'autres trains, le notre s'arrête en pleine campagne, histoire d'exploser sans faire de victimes
inutiles !!!! Redémarrage puis arrêt, descente embouteillée, la gare est bondée, c'est le bordel... On arrive à s'entasser dans un autre train trois quart d'heure plus tard, ouf, on se voyait
bloqué au Mans !!! Gare Montparnasse, métro, direction Charenton, un changement. C'est l'heure de pointe, avec nos sacs, c'est la galère, on essaie de se caser du côté où les portes ne s'ouvrent
pas, loupé, le quai change de côté, on emmerde tout le monde, je donne plusieurs coups de sac à dos !!! Ah ces provinciaux... Soudain, arrêt entre deux stations, qu'est-ce qui se passe ? Avec ma
douce, on s'échange un regard inquiet ??? Mais c'est quoi ce début de voyage foireux ??? On a la poisse, c'est pas possible !!! Quelqu'un a appuyé sur le bouton d'arrêt d'urgence... On repart, à
chaque station, on est obligé de se retourner, les quais alternant d'un côté à l'autre, la galère... Ouf, enfin de l'air frais, il fait encore jour, on appelle Valérie pour qu'elle vienne nous
chercher, elle arrive, nous emmène chez elle, quelques escaliers, des effluves narguent notre appétit en entrant, on pose nos sacs et on se laisse tomber dans le canapé. Première partie du voyage
terminée... deux bonnes heures de retard...
Décollage à 7h30 le vendredi matin, trajet sans encombres pour aller à Orly en voiture, nous arrivons tout excité à l'enregistrement. Nous voulons récupérer l'ordi portable qui est dans la valise
mais problème, le code ne fonctionne pas et après plusieurs tentatives infructueuses, nous nous résignons... L'esprit pas très tranquille, nous embarquons. Une demi-heure de retard, même pas
peur !!! Enfin, l'avion en bout de piste commence a accélérer. Je retrouve ces sensations oubliées, la poussée lente et régulière jusqu'au décollage, on se regarde, on sourit des yeux, on
se serre la main, on part...
Nous sommes dans l'océan de nuages, un vrai régal cotonneux...
Deux petites heures après, atterrissage à Djerba, voilà, tout peut
commencer, voyage de désirs et d'espoir...