

Voilà maintenant six semaines que les étudiants bloquent l'université, six
semaines en se pointant le matin et trouvant des chaises et des tables en travers des portes. Plus l'entrée est grande et plus il y en a... Le mouvement, lancé par les profs au début, a été
repris avec virulence par les étudiants. Il faut dire que Rennes 2 est réputée pour son activisme. Je ne porte aucun jugement mais, pour mon cas personnel, en congé formation que je suis, c'est
le marasme le plus complet... Certains parlent de peut-être annuler le second semestre!!! J'espère qu'on n'en arrivera pas là mais ça craint... Alors, j'essaie de bosser un peu à la
maison mais la motivation m'abandonne quelque peu, déjà qu'elle en avait pris un coup après un premier semestre qui m'a vu apprendre que mes neurones, en bien moins grand nombre, aurait
dû être un peu plus stimulées au cours de ma vie pour prétendre comprendre les Statistiques. D'ailleurs, même à vingt ans, je ne pense pas que j'aurais compris, bien plus, les ressorts
mécaniques des stats... Au moins, j'ai compris qu'une certaine logique ne m'habitait pas à cette occasion. Autant quand j'étais ado, je mettais cette incompréhension sur la fainéantise, autant
là, j'ai compris cette impossibilité à me projeter dans les méandres logiques de l'abstrait !!! Et puis j'ai un autre problème, pas assez de pratique, c'est la mémoire. Je vais en cours, je copie
le maximum pour que la compréhension soit meilleure en me relisant, j'écoute très sérieusement avec beaucoup d'intérêt, je comprends sauf en stat bien évidemment mais le problème, c'est que ça ne
suffit pas, il faut s'en rappeler et là je touche aux limites de l'homme que je suis... C'est une énorme frustration quand, par exemple, je révise une partie du cours de Neurosciences et que le
lendemain, je suis incapable de me souvenir de .......................... Zut, je ne m'en rappelle plus!!! Voilà mon problème, c'est une mémoire assez défaillante. Je me suis rappelé à cet examen
de la gaine de Myéline qu'une fois sorti de la salle... J'étais fou, j'ai passé une demi-heure à essayer en vain d'ouvrir ce tiroir de la mémoire... Incroyable, l'expression, sur le bout de la
langue est une expression douloureuse pour moi !!!
Du coup, je reste souvent à la maison et franchement, je me languis des maisons qu'on a eu avant... On a choisi le côté pratique au côté esthétique et dans les circonstances actuelles, je le
regrette. Un lotissement neuf offre peu de liberté. On ne se sent jamais réellement chez soi à l'extérieur. Je n'ai pas eu le même plaisir à faire pousser quelques fleurs, malgré tout, j'ai trois
petits parterres, minuscules mais qui offrent quelques fleurs bienvenues qui égayent un peu la vision de mon quotidien, telles les Muscaris perdus dans un océan de vert mais si bleus...
Dans notre rue, aucune maison n'a de fleurs, tout juste quelques tous petits arbustes chétifs. Passant du temps à
la maison, ces petites visions m'aèrent. Ce bleu est vif, transforme ma vision extérieur. Il appelle à l'évasion...