

Alors qu'on était parti à Pleumeur Bodou chez Papy Bernard et Mamie Odette, bon, on va pas s'en plaindre surtout qu'on a pu faire un petit tour de bateau et qu'on s'est fait une belle partie de pêche à pied, D'ailleurs, chose incroyable, troisième week-end où il faisait beau,
Papa et maman se sont mitonnés un petit plat digne des meilleurs restaurants avec un bar fraîchement pêché par papy... Je laisse papa vous narrer ce petit moment...
Bon, je reprends la ligne ( à bar ) avec mes vieux jeux de mots pourris. C'est difficile d'arrêter Neven quand il est lancé mais une belle tête de bar ne laisse personne indifférent... Voyez ce
bel oeil clair et frais, un vrai régal, les papilles en extase, je me mis en transe pour le traiter avec tous les honneurs qui lui étaient dûs...
C'est vrai que déjà, que de chemin parcouru... Des tréfonds marins au large de Trébeurden à Combourg, quelques miles en bateau, puis une bonne journée de frigo et puis pour finir deux
bonnes heures de voitures, accompagné d'une bonne bouteille glacée pour étancher une éventuelle soif. Il s'est donné à nous et il était tout à fait normal de le cuisiner comme tel...
Bien sûr, la séparation fut difficile, un vrai crève-coeur mais pour notre plus grand plaisir, il nous a rejoint.
Après avoir préparé un petit fumet avec carottes carottantes, oignons oignontants, ail aillant et persil persillant, j'ai ajouté un petit filet de muscadet et une tomate concassée. Le tout réduit
une première fois à la flamme pour que s'évapore l'acidité transcendantale du vin blanc... Le four, chaud à souhait, l'eau pour le riz, bouillante à souhait, le fumet fut mis dans un plat au
four, plat en inox qui recevra allègrement le beau bar.... Il ne reste plus à Céline qu'à nous faire sa spécialité : Le beurre blanc nantais...Je taille entre-temps une petite rose, bel
ornement de l'assiette...
Le fumet à bonne température, le beurre blanc pratiquement fini, un dernier petit coup de fouet ( oh oui oui), je mis le beau bar au four, sept à huit minutes de chaque côté pour un bronzage
parfaitement symétrique, je le sortis à son appel puis j'ai fait en sorte qu'il soit présentable en le débarrassant de sa peau trop épaisse...
Vous remarquerez que pendant tout le conditionnement, pour le rassurer afin que la chair soit plus tendre, j'ai gardé mon bonnet rouge. Le principal, le primordial, le vital dans ces moments là
est l'organisation afin que tout les mets soient chauds en même temps... J'avoue ce jour là avoir eu une joie frénétique à préparer ce plat. Le beurre blanc de Céline fut délicieux, comme l'était
sa sauce vanille à Mayotte. Et puis surtout, ce dimanche midi fut une récréation pour tous les deux, plongés qu'on était depuis la veille dans notre boulot, Céline à préparer une séance pour sa
classe du lundi et moi, à essayer de comprendre un texte de Jacques Lacan sur "le stade du miroir", résumé que je devais faire pour le jeudi suivant.... On s'est simplement assis à table et avons
dégusté avec délectation notre beau bar endimanché. Un vrai régal, une vrai réussite, nos papilles s'en souviennent encore. Nous nous sommes extasié mutuellement....
N'était-ce pas appétissant ???? Bon appétit à toutes et à tous.
J'ai fait un article sur les bons petits plats qu'on se faisait à Mayotte. Allez le voir. http://ulc-r.over-blog.fr/